477390_81754900Les réseaux de communication à distance sont nés il y a maintenant plus d’un demi-siècle. Destinés tout d’abord aux militaires et aux scientifiques, ces réseaux ont connus des progrès continus et se sont ouverts au grand public avec le World Wide Web, plus connus sous le nom d’Internet. Non seulement la capacité de ces réseaux à transmettre de grosses capacités d’information s’est considérablement accrue au cours des vingt dernières années, mais les systèmes informatiques, toujours plus miniaturisés, sont devenus de plus en plus nomades.

Ainsi, les réseaux peuvent aujourd’hui transmettre des vidéos en haute définition, à nos smartphones, véritables couteaux suisses du multimédia.
Le concept de Web 2.0 quant à lui s’est progressivement imposé pour devenir la norme de communication des sites modernes. On est alors passé de structures figées à des contenus procurés par les internautes eux-mêmes. Ces technologies, sociales, collaboratives amènent aujourd’hui à de nouveaux comportements à la fois pour leurs usagers en tant que tels mais aussi pour les entreprises qui ont vu évoluer leurs techniques de vente, de marketing ou encore de recrutement. Véritables révolutions en soi, ces nouvelles applications posent évidemment de nombreuses questions notamment par rapport à la propriété intellectuelle, mais aussi par rapport à la délimitation de l’espace privé de chaque individu. D’un côté le plagiat est devenu une préoccupation certaine des milieux éducatifs, pour un coût non négligeable. De même, comment ne pas redouter que certains moments intimes de notre vie ne soient diffusés à la vue de tous avec une capacité de nuisance elle aussi non négligeable.

Toutefois, plutôt que de craindre cette nouvelle manière de communiquer et, finalement déjà, de travailler, il est beaucoup plus intéressant d’apprendre à les utiliser et à les maîtriser. Notamment on ne peut que se réjouir des apports de réseaux sociaux dans les révolutions des sociétés arabes, qui ont permis à la fois au monde entier de suivre et comprendre ces dernières. De plus, dans nos sociétés occidentales où les médias traditionnels deviennent de plus en plus conventionnels, les blogs ont permis d’ouvrir des espaces d’expression libre comme on en a encore peu vus mis à part à l’époque de la déréglementation des bandes radio FM. N’oublions pas non plus que nombre de chanteurs ou d’écrivains ont pu se faire connaître et diffuser leurs œuvres alors que l’édition discographique ou littéraire leur fermait leurs portes. Il ne s’agit pas bien sûr de blâmer ces dernières qui gardent un rôle de première importance, mais il est important de reconnaître que ces nouvelles manières de communiquer apportent un souffle salvateur pour une plus grande liberté d’expression et de création artistique.
De plus, force est de constater que le Web 2.0 a déjà été intégré dans le recrutement et parfois même dans le fonctionnement régulier des entreprises et qu’il n’est pas franchement envisageable aujourd’hui de se passer de ces géants que sont Google, Facebook ou autre You Tube.

Qu’en est-il alors du monde éducatif et des usages des outils issus de ce fameux Web 2.0 ?
La première question à soulever concerne les stratégies d’apprentissage. Nous le verrons plus en détail dans cet ouvrage, les processus d’apprentissage ont plusieurs piliers : on apprend avec les autres, socialement, lorsqu’on est confiant et motivé, et enfin de manière non-linéaire. Sur le plan cognitif, c’est-à-dire sur la manière dont on apprend, le Web 2.0 apporte une solution presque inattendue à une pédagogie collaborative. Ainsi, cette technologie permet de mettre en place, facilement et à moindre coût, des situations de travail où chacun va apprendre des autres et où les apports de chacun vont pouvoir être valorisés. Bien loin d’un gadget technologique, nous constaterons que les blogs, mais c’est vrai aussi des wikis, podcasts et même des réseaux sociaux, résolvent de nombreuses lacunes du e-learning. Solitude face à l’ordinateur, une interactivité trop anticipée et mécanique lorsqu’elle existe, évaluations bien difficiles à mener.

La deuxième question qu’on doit se poser en tant qu’enseignant ou formateur est la posture à adopter tant au niveau du contenu didactique que de la relation à l’élève.
En particulier, il est fréquent de dire que le niveau général des élèves baisse. Et pourtant, excusez cette remarque, il faut tout de même un aplomb formidable pour prétendre que les progrès continus dans tous les domaines du savoir, des technologies ou des savoir-faire ont été produit par des générations soi-disant de moins en moins performantes. En effet, les générations actuelles sont les plus instruites de toute l’histoire de l’humanité, et la somme des connaissances accumulées n’aura jamais été aussi importante : physique, électronique, biologie et médecine, philosophie. Et ce n’est pas fini !
Convenons bien sûr que nous sommes moins bons qu’autrefois pour compter de tête, que nous ne connaissons plus tous les départements français et que les règles d’orthographes sont bien moins maîtrisées. Sur ce point, le Web 2.0 basé sur une culture de l’écrit ne pourra qu’y aider tout en faisant évoluer nos langues bien vivantes en favorisant les échanges culturels avec des élèves d’autres pays.
Ainsi, la valeur des générations éduquées et formées aujourd’hui consiste désormais à être capable de travailler en équipe, de communiquer, d’innover et de créer.

Ainsi, la troisième question que doit se poser le système éducatif concerne le rôle que doit tenir la formation initiale des élèves dans leur capacité à intégrer le monde du travail et de l’entreprise. Ainsi, les méthodes et les programmes pédagogiques déployés sont directement issus des besoins d’une société en termes de métiers, d’emploi et surtout de compétences. Nous le développerons tout au long de cet ouvrage mais il est important de noter les compétences nouvelles que recherchent les entreprises d’aujourd’hui, à la fois fortement mondialisées mais aussi soumises à une concurrence particulièrement forte. Ces dernières sont notamment tenues à toujours rester en pointe de leur secteur, à innover. Elles développent ainsi des manières de travailler de plus en plus collaboratives où l’émergence de nouvelles idées est favorisée. Elles ont de plus en plus le souci de la capitalisation de leur mémoire et de leur intelligence collective, car c’est à ce prix qu’elles peuvent rester compétitives. Elles se heurtent alors à plusieurs difficultés liées à la capacité de leurs collaborateurs à travailler en équipe, à partager et diffuser l’information ou encore à résoudre collectivement des problématiques identifiées. Il s’agit donc de compétences transversales qu’il est essentiel de développer notamment au cours du cursus scolaire des élèves.
Hyperconnectés, ces derniers sont presque nés avec un téléphone dans la main. Malgré tout, il ne faut pas longtemps pour constater que leur maîtrise des outils informatiques y compris bureautique n’est pas si bonne que cela. Sans parler d’une utilisation professionnelle des outils du Web 2.0. Ainsi, combien d’entre eux se voient refuser un poste pour avoir diffusé ou laissé diffuser des informations sur les réseaux sociaux.