329648_43861Abordons ici un concept dont les principes permettent de faire évoluer quelques lignes de front : l’andragogie.

Ce terme s’oppose à pédagogie, qui est la science de l’éducation pour les enfants, le préfixe andra signifiant adulte. Il s’agit donc en quelques sortes d’une théorie des sciences de l’éducation adaptée aux modes d’apprentissage de publics adultes. Ces théories ont notamment été portées par le pédagogue Knowles dans les années 1990.

Avant de poursuivre, disons le tout de suite, le terme lui-même est contesté en ce sens qu’il n’est pas démontré réellement qu’on apprenne différemment à l’âge adulte. De plus, l’éventuelle frontière entre pédagogie et andragogie reste difficile à trouver.

Malgré tout, force est de constater que nous n’enseignons pas à un groupe d’enfants, d’adolescents ou à un public d’adultes de la même manière. Dès lors il est intéressant de se poser la question de ce qui fait la différence entre ces différents publics. Si on aborde cette problématique sous l’angle de la motivation, on peut constater que chez l’enfant elle est plutôt extrinsèque, liée au plaisir d’apporter à ces parents une bonne note ou de constater la satisfaction de son instituteur.

Progressivement, au fur et à mesure du développement de l’enfant et de sa prise d‘autonomie notamment sociale, sa motivation va devenir de plus en plus intrinsèque. L’adolescent dont l’identité se construit éprouve non seulement des difficultés à accommoder de nouveaux savoirs mais veut aussi savoir pourquoi il doit faire les choses, travailler un cours en particulier. L’effort qu’il doit fournir au travail scolaire doit alors de plus en plus être justifié, ce qui pose souvent des problèmes comportementaux avec le corps enseignant. C’est aussi l’âge où il commence à explorer des pistes professionnelles, à élaborer son projet de vie et à assumer ces choix.

L’adulte enfin lorsqu’il est en situation de formation (choisie ou non) fait face à plusieurs contraintes et son approche est particulièrement pragmatique. Notamment, le temps qu’il consacre ou peut consacrer à de nouveaux apprentissage reste limité (malgré toutes les réformes depuis 2004). Ces derniers doivent donc aller « droit à l’objectif » et être directement utilisable et opérationnels dans le cadre professionnel. La formation est donc automatiquement dirigée sur la compétence, les méthodes étant davantage actives et inductives. Par exemple, les jeux de rôle, les mises en situation concrète, les études de cas sont largement privilégiées dans la formation pour adulte.

Finalement, l’objet pédagogique proposé aux plus jeunes n’est-il pas source en lui-même de démotivation chez ces derniers ? Ne devrait-on pas faire en sorte d’apporter du sens aux enseignements, les mettre en perspective, tel qu’on sait tout à fait le faire en formation pour adulte ?

Il ne s’agit pas bien sûr d’abandonner les objectifs pédagogiques et l’élaboration de progressions pédagogiques. En revanche, plusieurs pistes sont intéressantes à investiguer afin d’améliorer la motivation des apprenants, leur confiance en eux, la valorisation de leurs compétences :

  • développement du sentiment d’efficacité personnel grâce à la mise en œuvre d’un travail collaboratif autour de projets communs.
  • accroissement de la cohésion de groupe par le développement du sentiment d’appartenance en créant de véritables communautés de pratiques et d’enseignement.
  • développer une approche orientante, tournée vers le projet professionnel, valorisé et concrétisé par les portfolios numériques.

Toutes ces approches pédagogiques centrées sur le développement personnel et professionnel des apprenants peuvent être organisées et mises en œuvre grâce aux technologies du Web 2.0, qui sont bien évidemment un moyen et non une finalité.mettre en perspective, tel qu’on sait tout à fait le faire en formation pour adulte ?

Il ne s’agit pas bien sûr d’abandonner les objectifs pédagogiques et l’élaboration de progressions pédagogiques.  En revanche, plusieurs pistes sont intéressantes à investiguer afin d’améliorer la motivation des apprenants, leur confiance en eux, la valorisation de leurs compétences :
<ul>
<li>développement du sentiment d’efficacité personnel grâce à la mise en œuvre d’un travail collaboratif autour de projets communs.</li>
<li>accroissement de la cohésion de groupe par le développement du sentiment d’appartenance en créant de véritables communautés de pratiques et d’enseignement.</li>
<li>développer une approche orientante, tournée vers le projet professionnel, valorisé et concrétisé par les portfolios numériques.</li>
</ul>
Toutes ces approches pédagogiques centrées sur le développement personnel et professionnel des apprenants peuvent être organisées et mises en œuvre grâce aux technologies du Web 2.0, qui sont bien évidemment un moyen et non une finalité.