1177581_39368842Dans les années 1990 et 2000 Jack Mezirow a développé une théorie appelée Transformative Learning. Cette théorie est issue des travaux de ce chercheur sur le thème de l’apprentissage des adultes et plus généralement de l’autoformation des apprenants.

Mezirow décrit ainsi la façon selon laquelle l’apprenant devient critique et conscient de ses propres stratégies d’apprentissage et de ses processus cognitifs. L’étude se différencie alors en 3 phases : la réflexion critique, le discours réfléchi, l’action.

Au cœur de cette théorie se situe ce que Clark en 91 a appelé le processus de « transformation de perspective ». Trois dimensions apparaissent alors : psychologique (changements dans la compréhension de soi de l’individu), conviction personnelle (révision des systèmes de croyance), et comportementale (changements de style de vie).

D’après Mezirow la transformation de perspective qui elle-même mène à l’étude transformative, résulte d’un « dilemne de désorientation » ou pour parler plus simplement d’une crise ou d’un accident de vie. Cette crise peut être brutale tout aussi bien que la résultante d’une accumulation de transformations. C’est le cas de situations moins dramatique, comme celles créées par un professeur, qui favorisent également la transformation.

Une part importante de l’étude transformative consiste à ce que les individus changent leurs systèmes de référence grâce à une réflexion sur leurs représentations et leurs croyances. Le but étant de provoquer des manières nouvelles de définir leurs mondes. On note que ce processus est fondamentalement raisonnable et analytique.

Ainsi, Mezirow a prouvé qu’amener l’apprenant dans un processus « apprendre à apprendre » ou « apprendre en autonomie, en autoformation » nécessite plus qu’un simple apport de méthodologie. En effet, le changement de perspective puis l’étude transformationnelle doit être accompagnée par l’enseignant qui amène l’apprenant à une étude réflexive et critique sur soi, ses processus, ses croyances.

On retrouve finalement cette approche dans les théories constructivistes, socioconstructivistes et les pédagogies actives. On l’a vu, elles expriment toutes le fait que la connaissance se construit, et même pour aller plus loin, elle se construit socialement (Vigotsky, Bruner). Ainsi, dans un processus d’apprentissage les dimensions intuitives et émotionnelles prennent tout leur sens. Ce processus d’assimilation/accommodation, nécessite une mise en confiance de l’apprenant qui devra bousculer ses croyances et ses représentations pour en quelque sorte « admettre, recevoir, assimiler » la nouvelle connaissance.

Ainsi, dans l’acte d’apprentissage on peut distinguer :

Le rôle du professeur. Celui-ci doit établir un environnement qui établit la confiance. Son but est de créer une communauté des individus qui «sont unis dans une expérience partagée». Le professeur sert également de modèle en tant que tel en démontrant une volonté d’apprendre et de changer.

Le rôle de l’étudiant. Les participants ont en fait une responsabilité de créer l’environnement d’étude.

Le rôle du raisonnable et de l’affectif. L’étude transformative est composée de 2 éléments qui semblent parfois être en conflit : d’un côté le cognitif raisonnable et objectif et de l’autre côté l’intuitif, imaginatif, et subjectif.