On connait bien la génération Y, un peu moins la génération suivante… la Z.

Cette dernière est celle qu’on appelle la génération Internet ou Digital Natives. Ce sont en fait les premiers à être nés dans un monde où l’accès à internet a toujours été constant et disponible et la quantité d’information très abondante. Même si ce caractère est déjà en partie celui de la génération précédente elle est encore plus marquée avec celle-ci.

Ainsi, cette génération hyper-connectée et sociale par écran interposé change radicalement la manière dont les enseignants et les recruteurs peuvent travailler avec eux. Il est même fortement probable qu’elle impose d’une certaine manière la façon d’aborder l’éducation à l’école en généralisant peu à peu l’usage de la technologie.

Voici donc certainement quelques éléments à prendre en compte désormais dans les stratégies d’apprentissage :

1 – Utilisation d’outils interactifs comme support d’apprentissage.

Encore peu présent en France (et encore) l’usage des tablettes numériques telles que l’Ipad s’est très rapidement répandu dans les pays anglo-saxons. En effet, la génération Z est pleinement familière de ces outils qu’elle utilise de manière complètement naturelle. Plus généralement, l’outil n’étant pas une fin en soi, il s’agit de mettre en œuvre une pédagogie où l’apprenant est actif, au centre du processus d’apprentissage. On veillera notamment à proposer des situations d’apprentissage collaboratif et même inductif : jeux éducatifs, jeux de rôle, situations d’apprentissage simulées, progressions pédagogiques spiralées ou encore pédagogie de projet. Toutes ces situations pourront alors prendre pour support des manuels interactifs ainsi que les fameuses tablettes équipées des applications adéquates.

2 – Proposer des ressources pédagogiques pour le travail personnel à la maison

Aussi surprenant que cela peut paraitre, cette génération bouscule codes et les barrières spatiales et temporelles de l’école. Ainsi, elle sera particulièrement intéressé de disposer de ressources supplémentaires, notamment dans le cadre de parcours individualisés autour d’environnements d’auto-apprentissage. Aujourd’hui pratiquement tous les foyers disposent de l’accès au Web, surtout en France où le taux d’équipement est favorisé par des coûts peu élevés d’accès à Internet. La génération Z développe ainsi une capacité d’auto-apprentissage qui n’a jamais été atteint à ce niveau à ce jour.

3 – Proposer des projets de pédagogie collaborative en ligne

Il y a 5 ans les blogs étaient une tendance. Aujourd’hui ils sont entrés dans les mœurs. La taille de la blogosphère croit de manière exponentielle et le partage d’expérience et de connaissances n’a jamais été aussi important. Et ce n’est qu’un début.

En tout cas, cette technologie permet pour la première fois de proposer aux apprenants de travailler collaborativement sur des projets communs beaucoup plus simplement. Ainsi la rétroactivité naturelle des blogs pourra être exploitée. Notons d’ailleurs que les outils du web 2.0 permettent enfin d’évaluer chaque auteur, même dans le cadre de projets communs, puisque chacun est identifié, chaque production est repérable.

Il est important de signaler ici qu’il ne s’agit pas uniquement de l’utilisation des blogs, mais également des wikis, podcasts, médias numériques et vidéo…

4 – Favoriser un apprentissage visuel.

C’est la marque de cette nouvelle génération ! Les nouvelles technologies l’ont à tel point marquée, que les stratégies d’apprentissage sont devenus plus que jamais visuelles.  Ils sont donc plus favorables à des activités pédagogiques centrées sur l’exploration, la découverte et la recherche, plutôt que sur un enseignement basé sur l’écoute (basiquement le cours magistral).

5 – Faire que l’apprentissage soit un jeu

Entendons nous bien, il ne s’agit pas de jouer en tant que tel et de laisser de côté tout objectif pédagogique sérieux. Il s’agit plutôt d’apporter de la diversité dans les approches proposées aux apprenants. . En revanche, la génération Z a tendance à préférer des situations d’apprentissage traitées de manière ludique et attractive. Cette méthode est pour eux bien plus efficace. Notons également que cette génération est particulièrement sensible aux valorisations immédiates et personnelles. Ainsi, tout en apprenant des échecs il est très important de valoriser les réussites.

6 – Favoriser pensée critique et résolution de problème

Là encore ne nous méprenons pas. Le propos n’est pas ici de dire que rien de doit être su et mémorisé. En revanche les activités qui consistent à apprendre par cœur des formules ou des données diverses ne sont plus vraiment pertinentes aujourd’hui. En effet, l’accès généralisé à l’information rend curieux pour ces générations le fait d’apprendre par cœur des choses qu’ils trouveront très rapidement et facilement en ligne. Cependant, l’information étant disponible en très grande quantité il devient primordial de développer chez ces jeunes leurs capacités de rechercher l’information pertinente et de savoir l’analyser.

De même qu’il ne s’agit plus de mémoriser linéairement et systématiquement les informations, il devient très important d’être en capacité de résoudre des situations problèmes en exploitant des données mises à disposition et de mettre en relation et en relief les savoirs entre eux.

Cette capacité sera sans nul doute le critère premier de recrutement dans les entreprises dans les années à venir.

7 – Développer la capacité d’orientation professionnelle

De plus en plus pour cette génération, la notion de compétence professionnelle l’emporte sur la notion de diplôme. Cet effet est bien entendu accentué par les crises économiques à répétition ainsi que par le coût de plus en plus élevé d’entreprendre des études supérieures. Les modèles classiques selon lesquelles les meilleures situations professionnelles sont obtenues grâce aux diplômes n’ont aujourd’hui plus beaucoup d’écho ! N’oublions pas pour eux quelques modèles de patrons richissimes issus de l’économie de l’Internet…

Ainsi il est important de valoriser les métiers et de permettre de faciliter l’orientation professionnelle choisie et non imposée. C’est ainsi des modèles pédagogiques tout à fait nouveaux qu’ils faut inventer qui mettent en avant à la fois la culture artistique, les capacités d’expression et de communication, la connaissance du monde avec les réalités de l’emploi et  des parcours professionnels. Sans dénigrer ni l’un ni l’autre.

8 – Entretenir leur attention.

Tout comme les jeunes de la génération Y, les hyper-connectés n’ont que peu de capacité pour maintenir leur attention sur le long terme, surtout pour les plus jeunes. C’est certainement un des grands défis à tenir pour les pédagogues d’aujourd’hui… Ainsi, l’enseignant devra proposer des activités multiples et variés qui favorise un maximum d’activité de l’apprenant.

 

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