S’il est un concept de formation qui va prendre une importance forte dans les années à venir, c’est bien le Social Learning. Il se pourrait même qu’il devienne un standard en termes de stratégies pédagogiques, surtout dans le cadre des formations à distance et de la gestion des connaissances dans les entreprises.

Il se trouve associé à la fois aux nouvelles technologies du Web 2.0, au e-learning ainsi qu’à des méthodes collaboratives et actives.

Un concept pas si récent.

En réalité, le social learning repose sur des théories élaborées au siècle dernier, notamment le socioconstructivisme, développée par Vigotsky. Pour mémoire, ce concept qui fait suite aux travaux de Piaget développe l’idée qu’une connaissance se co-construit  dans un processus actif et collaboratif.

Pour aller plus loin, le psychologue Albert Bandura a mis en avant le fait que tout apprentissage est la conséquence d’une interaction sociale et culturelle. Notamment, l’apprenant acquiert de nouveaux savoirs par l’observation et l’imitation de ses pairs. Ce que l’on pourrait résumer par « l’apprenant est un enseignant comme les autres ».

C’est ainsi que ce type d’apprentissage met en avant l’intérêt d’activités collaboratives, de la co-évaluation par les pairs (c’est-à-dire les autres apprenants) ainsi que des apprentissages informels.

Valorisation des savoirs informels

Bien que peu reconnus dans les cursus classiques de l’apprentissage, ces savoirs dits informels représentent près de 80% de ce qu’on apprend. Il s’agit de ce qu’on acquiert par nos passions, nos échanges en dehors du cadre éducatif, des discussions que nous avons lors de nos repas, de nos expériences professionnelles, des rencontres que nous effectuons lors de nos voyages… et bien d’autres.

Tout le monde connait bien l’effet « machine à café » où cette pause en favorisant les échanges informels entre salariés est justement le temps où se résolvent bien des difficultés et où prospèrent les meilleures innovations.

C’est pourquoi, tout le monde a à apprendre de chacun et que la transmission des connaissances doit se faire par le travail d’équipe des apprenants et leur collaboration.

Evidemment, le social learning prend toute sa place dans le cadre du knowledge management (capitalisation des savoirs internes d’une entreprise) et de la formation continue des salariés.

Cependant, il n’est pas réservé à la seule formation des adultes. En effet, il permet une approche tout à fait différente de la pédagogie en plaçant réellement l’apprenant au centre du processus d’apprentissage.

Ainsi, outre le fait que le social learning soit en phase avec nos processus naturels d’apprentissage, on peut noter les avantages de telles pratiques qu’il s’agisse de collèges, de lycées, d’écoles d’ingénieurs et d’universités :

-          Valorisation et gratification des apprenants,

-          Développement du sentiment d’appartenance à une communauté d’apprenants,

-          Développement des capacités d’apprentissage en autonomie si importantes désormais,

-          Accroissement du sentiment d’efficacité personnelle permettant par contrecoup d’acquérir confiance en soi et de restaurer l’image qu’on a de soi,

-          Responsabilisation des apprenants,

-          Les principes du social learning permettent d’agit directement sur l’attention et la motivation,

-          …

Le Web 2.0 comme support technologique

Il se trouve que les NTIC depuis 2005 offrent de manière exceptionnelle la possibilité de mettre en œuvre ces pédagogies collaboratives en facilitant les interactions et les échanges entre les apprenants. C’est ainsi que les médias sociaux permettent aujourd’hui un véritable essor du social learning. En effet, organiser pédagogiquement des activités collaboratives n’est pas toujours simple, notamment pour ce qui concerne l’évaluation.

Bien entendu, si les outils du Web 2.0 sont un moyen pour y parvenir, l’approche pédagogique doit évoluer pour mettre en place des situations adaptées. On pense notamment aux activités de découverte, à la pédagogie de projet, aux pédagogies inductives…

Et pourtant, souvent méprisés, les blogs, wikis, réseaux sociaux ne sont que très peu utilisés en France, contrairement aux pays anglo-saxons, souvent par méconnaissance de leur potentiel dans le cadre éducatif.

Evolution du e-learning et du blended learning

Le social learning est en fait une évolution naturelle des formations e-learning. En effet, la FOAD s’est heurtée très vite à la question de la solitude de l’apprenant face à l’écran de l’ordinateur et au maintien de sa motivation pour poursuivre sa formation.

On a alors vu apparaitre le blended learning qui associe le e-learning et la formation en présentiel. Le problème est que souvent cette dernière revient sur des modes « classiques » d’apprentissage avec l’enseignant d’un côté et les apprenants de l’autre.

C’est justement ce que permet d’éviter le social learning et c’est en quoi il appuie complètement l’individualisation des formations. Ainsi, il n’est pas un autre type de e-learning ou de blended learning, il en constitue l’avenir.

Une posture en phase avec les compétences clés

Les compétences clés ont été définies dès 2000 lors des conférences de Bologne qui ont instauré en Europe les stratégies de formation et d’orientation tout au long de la vie. Elles soulignent ainsi l’importance d’acquérir des compétences telles que l’esprit critique, d’initiative, les capacités d’apprendre à apprendre en autonomie, la maitrise des fondamentaux de l’écrit, la capacité à travailler en équipe et à comprendre les enjeux de notre environnement en tant que eco-citoyen…

On pourra en effet constater que le social learning, par l’intermédiaire d’activités actives et collaboratives où chacun apprend de l’autre et à l’autre, permet d’atteindre effectivement ces compétences indispensable à l’employabilité et aux emplois de demain.

Faire évoluer le paradigme pédagogique

En conclusion, il ne faut pas croire que le social learning est un concept réservé aux entreprises.

Il est en effet l’occasion de faire évoluer les stratégies éducatives et d’enseigner autrement !

 

 
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