Message aux jeunes diplômés, le diplôme n’est pas une fin

Cher diplômés,

Message aux jeunes diplomestout d’abord, je tiens à féliciter chaleureusement chacun de vous pour sa réussite. Je tiens également à associer toutes les personnes qui y ont contribué, vos professeurs, vos parents et amis, ….

Votre diplôme ne constitue pas une fin mais la clé pour le début de votre nouvelle vie.

L’époque que nous vivons peut être considérée comme stressante ou passionnante, tout dépend de la manière dont vous l’appréhendez. Le meilleur angle afin de vous épanouir dans votre vie est bien sûr celui de la passion.

Avec ce précieux sésame en poche, vous êtes armés pour devenir entrepreneur de votre vie.

Dans cette brève intervention, je vais reprendre un format assez connu outre atlantique que est les 11 règles. Je vais vous énoncer 11 règles et je vous invite à vous inspirer de quelques unes d’entre elles.

1-. Soyez curieux, gardez l’envie d’apprendre et vous serez armés pour le futur qui s’annonce à vous

Un monde en mouvement est générateur d’opportunités pour ceux qui auront la volonté et la clairvoyance de les saisir. Qui dit changement dit évolution dans les savoirs et les compétences pour les affronter et en profiter.

Ma citation préférée sur l’humilité est celle de Marcel Aymé : « l’humilité est l’antichambre de toutes les perfections »

Ne croyez jamais tout savoir, le risque serait trop grand que vous deveniez hermétiques aux apprentissages et a de nouvelles découvertes.

2-. Croyez en vous … mais donnez vous en les moyens

Votre vie professionnelle sera faite de hauts et de bas. Ne laissez pas des passages moins favorables vous faire douter de ce dont vous êtes capables.

Ayez une démarche réflexive afin de vous améliorer.

Chaque jour qui passe, soyez meilleur que le précédent et moins bon que le suivant.

3-. Fixez vous un objectif

Le meilleur moyen pour vous perdre est de ne pas savoir où vous allez. Fixez vous un objectif et mettez en œuvre les moyens nécessaires pour l’atteindre. Surtout ne vous dispersez pas, en courant plusieurs lièvres à la fois, vous risquez de n’en attraper aucun.

4-. Ayez la volonté de forcer le destin

Dans une allocution à des jeunes de 12 à 17 ans, Bill Gates a développé 11 règles. La première était : « La vie est injuste, habituez-vous »

Selon, votre origine, votre physique, votre genre ou d’autres critères propres à votre personne vous pouvez avoir plus de difficultés que d’autres.

N’y trouvez pas motif à renoncement mais plutôt une raison supplémentaire de lutter contre cet état de fait. Que cela décuple votre volonté afin de faire taire tous ceux qui n’auront pas cru en vous pour des raisons, parfois indécentes.

5-. Soyez positifs

Winston Churchill disait

« Un pessimiste voit la difficulté dans chaque opportunité, un optimiste voit l’opportunité dans chaque difficulté »

Voyez les choses sous un angle positif et allez de l’avant.

6-. Gérez votre temps, c’est une ressource précieuse

Trop de jeunes gaspillent cette ressource. Le terme procrastination est d’ailleurs de plus en plus utilisé.

Sachez prendre du bon temps mais ne le gaspillez pas.

7-. Sélectionnez vos combats

Des personnes nuisibles ne manqueront pas de jalonner votre parcours. Peu importe ce qui les pousse à agir de la sorte, jalousie, abus de pouvoir, bêtise, perversion, … apprenez à gérer les situations se présentant.

Ne vous investissez que dans des combats qui en vaillent la peine. Lutter sur quelque chose où vous n’avez aucune prise peut être un combat inutile.

8-. N’enviez pas, prenez plutôt exemple

Sachez prendre exemple dans ceux qui ont réussi, trouvez-y l’inspiration afin de vous motiver et de vous focaliser vers l’objectif fixé. Trop souvent ceux qui ont réussi sont pointés du doigt ou jalousé. N’entrez pas dans cette démarche trop facile. Au contraire, les exemples de réussites doivent être générateurs de motivation afin que vous aussi deveniez des exemples pour les générations futures.

9-. Soyez patients

« Toute l’eau du plus grand des océans est arrivée goutte à goutte ». Dans une société où le plaisir immédiat est devenu prépondérant, apprenez à être patient.

En vous fixant un objectif, en mettant en œuvre les moyens pour l’atteindre, vos chances seront grandes d’y arriver mais cela ne se fera pas du jour au lendemain. Sachez être patient, faute de quoi vous courrez le risque de céder au découragement

10-. Ouverture d’esprit et ouverture aux autres

Un proverbe africain dit : « Si tu veux aller vite, vas-y seul, si tu veux aller loin, vas-y accompagné »

Dans un monde hypeconnecté, l’isolement est une des pires choses qu’il soit. Ne vous enfermez pas dans des relations uniquement virtuelles. Allez vers les autres, c’est grâce aux rapports humains que vous apprendrez de nombreuses choses. Explorez le monde que ce soit en devenant digital nomade ou en faisant un séjour linguistique à l’étranger.

Je n’ai jamais rencontré d’homme suffisamment ignorant que je n’en ai rien à apprendre.

11-. Soyez passionnés

Je reviens sur mon introduction.

Pour terminer, je dirais qu’un des moteurs essentiel à tout être humain, c’est d’être animé par la passion. Quoi que vous fassiez, que cela soit lucratif ou que vous y trouviez une autre forme d’enrichissement personnel Faites ce que vous aimez ou apprenez à aimer ce que vous faites

 

 

Comment choisir mes études supérieures ?

L’université est un lieu où vous pouvez enfin obtenir l’indépendance dont vous rêviez, sortir quand vous voulez, manger ce que vous voulez, vous faire de nouveaux amis et généralement passer un moment incroyable.

Cependant, cette phrase à la mode ajoute à la pression qui existe lorsque vous partez à la recherche de l’université parfaite. Espérons que ces conseils fourniront des instructions simples à suivre et des critères utiles à prendre en compte lors de votre recherche afin de choisir la meilleure université pour vous.

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Peut-on tout apprendre par soi-même en ligne ?

Le système d’éducation traditionnel pose plusieurs problèmes. Tout d’abord, vous devez payer des milliers d’euros par trimestre pour fréquenter une école prestigieuse. Avec toutes ces coupes budgétaires, les salles de classe bien remplies et les pénuries de cours, vous n’aurez pas toujours la chance d’étudier exactement ce que vous voulez.

Il n’est pas étonnant que des millions d’étudiants du monde entier optent pour des programmes d’études en ligne ou suivent au moins un cours universitaire via une plateforme en ligne. L’apprentissage en ligne doit être la plus grande révolution de l’éducation alternative. Cela a considérablement transformé le système et ouvert de grandes opportunités à tous ceux qui souhaitent apprendre quelque chose.

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Qu’est-ce que la pédagogie Freinet et comment marche-t-elle ?

Tandis que la pédagogie traditionnelle est orientée sur la transmission des savoirs, la pédagogie Freinet met l’élève au cœur du programme éducatif. Elle prend en compte la dimension sociale de l’élève, voué à devenir un être autonome, responsable et ouvert sur le monde.

La pédagogie Freinet, tout en contribuant activement à la socialisation et à la solidarité grâce à son organisation coopérative, permet à l’enfant de se familiariser avec la réalité du monde du 21e siècle en utilisant différents outils tels que le texte libre, la correspondance, l’impression, le magazine de l’école. , les rapports scientifiques, les outils audiovisuels ainsi que l’utilisation critique des nouvelles technologies de communication et de production. C’est une méthode qui assure la libération de toute l’énergie créatrice et le respect du patrimoine culturel des élèves et des enseignants.

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Comment peut-on faire utiliser un ipad en classe ?

L’utilisation de l’iPad dans les classes est en plein essor. Les élèves disent que l’iPad a facilité la rédaction de notes ainsi que pour l’organisation du travail.

Les enseignants disent que l’iPad permet de mieux enregistrer les progrès des élèves. Les évaluations peuvent être notées rapidement, offrant aux étudiants une rétroaction presque immédiate.

L’iPad offre de nombreuses possibilités au-delà de son utilisation principale pour la lecture de livres électroniques. Ce n’est pas l’iPad qui fait bouger les choses en classe, c’est la façon dont l’iPad est utilisé. Lorsqu’on apprend à tirer efficacement parti de ses capacités d’appui à l’enseignement, l’iPad peut révolutionner la manière dont les élèves sont enseignés. Voici quelques bonnes pratiques pour utiliser votre iPad dans votre classe.

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Quelles applications pour apprendre l’anglais

Apprendre une langue est l’une des choses les plus enrichissantes que vous puissiez faire. Vous pouvez apprendre ou améliorer vos compétences dans une langue donnée de plusieurs façons, allant de la participation à des cours à l’autoapprentissage. Mais avez-vous réalisé que vous pouvez également utiliser votre smartphone pour une bonne utilisation dans l’apprentissage des langues ?

Que vous partiez de zéro ou que vous vouliez simplement améliorer votre anglais, voici 10 applications mobiles gratuites pour Android et iOS qui vous aideront à le faire.

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Définir ses valeurs personnelles par la typologie de Schwartz

Mais qu’est ce que c’est qu’une valeur ?

Les valeurs sont les convictions que nous considérons comme particulièrement importantes pour nous, celles qui constituent nos repères essentiels, qui nous servent pour effectuer nos choix les plus cruciaux et qui orientent donc pour une large part nos actions et notre comportement.

La notion de “vérité” est à considérer ici comme quelque chose de limitatif, de personnel et non d’universel : chacun a sa propre vérité et ses propres convictions.

En ce sens, nous pouvons définir notre vérité individuelle comme un ensemble de croyances confirmées par l’expérience vécue.

Nos valeurs sont pour une part un héritage, un acquis provenant de notre éducation, de notre milieu socio-culturel, de notre religion, en somme de toutes les personnes ou groupes sociaux ayant eu une influence sur nous.

Une autre catégorie de valeurs – les valeurs fondamentales – mérite une attention particulière :
Ce sont celles dont nous réalisons au fil des ans le caractère fondamentale, inné peut-être, en tout cas très profondément ancré au fond de notre être.

Elles ne semblent pas provenir directement d’un acquis éducatif. Elles se révèlent plutôt de façon naturelle et spontanée.

Ces valeurs fondamentales correspondent à autant de besoins essentiels : il est indispensable pour notre équilibre et notre épanouissement qu’elles puissent être satisfaites.

Nous pouvons les reconnaître au bien-être profond et intense qu’elles procurent en nous lorsqu’elles sont respectées.

Certaines valeurs ont un lien étroit avec notre identité profonde, elles en sont l’émanation et la manifestation.

Nos valeurs sont les éléments les plus stables de notre personnalité : C’est le moteur qui nous fait agir et nous donne de l’énergie pour entreprendre. c’est le socle de la confiance en soi.

La définition de Shalom SCHWARTZ :

Pour lui, les valeurs répondent à la définition suivante :

Ce sont des concepts ou des croyances qui se rapportent à des fins ou des comportements désirables. Elles transcendent des situations spécifiques et sont l’expression de motivations destinées à atteindre des objectifs particuliers comme la sécurité, l’accomplissement, l’autonomie…
Elles guident les choix et permettent l’évaluation de comportements envers des personnes et des évènements.
Elles sont ordonnées selon leur importance relative en tant que principes qui guident la vie.
Elles traduisent trois nécessités universelles :
– satisfaire les besoins biologiques des individus
– permettre l’interaction sociale
– assurer le bon fonctionnement et la survie du groupe

L’auteur postule qu’elles forment un ensemble et correspondent à 10 grands types de motivation (autonomie, stimulation, hédonisme, etc…). Il définit donc 10 types de valeurs.

1- Le Pouvoir; les valeurs qui composent ce type sont l’autorité (le droit de diriger ou de commander), la richesse (biens matériels, argent), le pouvoir social (avoir du pouvoir sur autrui, dominance), la préservation de son image publique (soucieux de ne pas perdre la face) et la reconnaissance sociale (respect, approbation émanant des autres).

2- L’Accomplissement est caractérisé par la réussite personnelle, liée à une compétence en accord avec les normes sociales. Les valeurs qui composent ce type sont : l’ambition (travaillant dur, volontaire), l’orientation vers le succès (objectif : réussir), la compétence (capable et efficace), l’influence (exercer un impact sur les gens et les événements) et le respect de soi (croyance en sa propre valeur).

3- L’Hédonisme, c’est le besoin de plaisir et sa satisfaction. Les valeurs qui composent ce type sont le plaisir (satisfaction des désirs , l’amour de la vie (aimant la nourriture, le sexe, les loisirs), se faire plaisir (faire des choses agréables).

4- La Stimulation correspond au besoin de variété qui permet de maintenir un niveau optimum d’activité. Les valeurs qui composent ce type sont une vie excitante (expériences stimulantes), une vie variée (remplie de défis, de nouveautés, de changements) et l’audace (cherchant l’aventure, le risque).

5- La Centration sur soi pour laquelle le terme Autonomie est préféré dans l’étude de 1998 représente l’indépendance de pensée et d’action : choisir, créer, explorer. Les valeurs qui composent ce type sont la créativité (originalité, imagination), la liberté (liberté de pensée et d’action), choisissant ses propres buts (sélectionnant ses propres objectifs), la curiosité (intéressé en toute chose, explorateur) l’indépendance (ne compter que sur soi, autosuffisant) et le droit à une vie privée (non exposée aux regards indiscrets).

6- L’Universalisme est la compréhension, la tolérance et la protection du bien-être de tout le monde et de la nature. Les valeurs composant ce type sont l’égalité (chances égales pour tous), un monde en paix (libéré des guerres et des conflits), l’unité avec la nature (adéquation à la nature), la sagesse (compréhension adulte de la vie), un monde de beauté (beauté de la nature et des arts) la justice sociale (corriger les injustices, secourir les faibles), large d’esprit (tolérant les croyances et les idées différentes) et la protection de l’environnement (préserver la nature).

7- La Bienveillance est la préservation et l’amélioration du bien-être des personnes avec lesquelles on est en contact personnel. Les valeurs composant ce type sont secourable ( travaillant en vue du bien-être d’autrui ), la loyauté ( fidèle à ses amis, au groupe des proches ), l’indulgence ( désireux de pardonner aux autres ), l’honnêteté ( authentique, sincère ), la responsabilité ( sur qui l’on peut compter), l’amitié vraie (des amis proches et sur qui l’on peut compter) et l’amour adulte (intimité profonde, émotionnelle et spirituelle).

8- La Tradition correspond au respect, à l’engagement et à l’acceptation des coutumes et des idées préconisées par la culture traditionnelle ou la religion. Les valeurs qui constituent ce type sont : le respect de la tradition (préserver les coutumes consacrées par le temps), l’humilité (modeste, effacé), religieux (attaché aux croyances et à la foi religieuse), acceptant sa part dans la vie (se soumettre aux circonstances de la vie) et la modération (évitant les extrêmes dans les sentiments et les actions).

9- Le Conformisme modère les actions, les tendances et les envies qui contrarient, blessent les autres ou transgressent les normes sociales. L’accent est mis ici sur le contrôle de soi dans les interactions de la vie quotidienne avec des proches. Les valeurs qui composent ce type sont : l’obéissance (remplissant ses obligations, ayant le sens du devoir), la politesse (courtoisie, bonnes manières), l’autodiscipline (résistance aux tentations), honorant ses parents et les anciens (montrant du respect).

10- La Sécurité est caractérisée par l’harmonie et la stabilité de la société, des relations et de soi. Le modèle postule l’existence de valeurs de sécurité individuelle et de groupe. Certaines valeurs de ce type servent essentiellement des intérêts individuels (comme le fait d’être en bonne santé) et d’autres des intérêts collectifs (comme la sécurité nationale), d’autres enfin se trouvent sur un prolongement entre l’individuel et le collectif. Les valeurs composant ce type sont : l’ordre social (stabilité de la société), la sécurité familiale (sécurité pour ceux que l’on aime), la sécurité nationale (protection de mon pays contre ses ennemis), la réciprocité des services rendus (éviter d’être débiteur des autres), la propreté (net, soigné) le sentiment de ne pas être isolé (sentiment que les autres se soucient de moi) et être en bonne santé (ne pas être malade physiquement ou mentalement).

Bref aperçu des théories pédagogiques

Tout comme en sociologie, on ne devrait pas parler de pédagogie mais de courants pédagogiques. En effet, les modèles décrivant les processus d’apprentissage sont nombreux. Cependant, selon les travaux de L. Not dans son ouvrage « Les pédagogies de la connaissance » on peut dégager 3 grands modèles, 3 grands paradigmes.

Le premier type de modèle, appelé par Not « hétérostucturation », suggère que le processus d’apprentissage est directement lié à des facteurs externes. En ce sens, il apparait qu’un conditionnement adapté puisse produire chez l’apprenant l’acquisition d’un savoir, d’une connaissance.

Le modèle pédagogique majeur de ce courant est le béhaviorisme. Selon cette proposition, l’objet principal de l’acte d’apprendre est le stimulus lui-même. Ainsi, vu de manière extrême, cette position sous-tend que l’individu est telle une boîte dont on remplit le contenu, la fameuse boite de Skinner.

Il est important de noter ici que les dispositifs d’e-learning classiques sont construits selon ce schéma stimulus-action. Nous y reviendrons un peu plus loin.

La seconde grande catégorie de Not met en avant les facteurs internes et sont donc totalement centrées sur l’individu. Selon cette approche, innéiste, les capacités de l’apprenant sont déterminées dès la naissance et ne dépendent pas des conditions dans lesquelles l’individu va apprendre. Bien que ces théories tendent à placer l’apprenant au centre du processus, elles signifient malheureusement la réussite éducative est comme déterminée par avance. Cela offre une perspective bien peu humaniste et optimiste.

La troisième approche, moins manichéiste et plus complexe, consiste à prendre en compte non seulement les facteurs externes et les facteurs internes dans le processus d’apprentissage de l’individu mais également leurs interactions. Cette approche initiée par Piaget avec le constructivisme a été largement suivie au XXIème siècle par nombre de pédagogues et psychologues. Mais ce sont surtout les contributions de Bruner, Vigotsky et Bandura que nous retiendrons ici.

Cette approche implique d’une part une participation active de l’apprenant et d’autre part une posture différente de l’enseignant. Elle suggère aussi que toute personne est capable d’améliorer ses capacités d’apprentissage à condition que l’environnement social soit favorable.

Il n‘est pas proposé ici de réaliser un inventaire complet des théories de la pédagogie, mais plutôt d’en donner un aperçu rapide et synthétique. Par exemple, nous ne reprendrons pas ici les propositions pédagogiques de Maria Montessori, Freinet ou autre Steiner malgré leur très grand intérêt.

Des pédagogies antiques à l’époque moderne

Les premiers à avoir considéré l’importance des conditions favorables de l’apprentissage et à s’être posé les questions qui jetteront plus tard les bases de la pédagogie sont les philosophes grecs. C’est en ce sens que Platon créa le Lycée ou Aristote, précepteur d’Alexandre, l’Académie. L’enseignement antique pouvait prendre une dimension initiatique chez les Pythagoriciens ou les druides gaulois, l’élève devant se rendre digne du savoir de ses maitres. « Nul n’entre s’il n’est géomètre » est en effet l’inscription qui trônait à l’entrée de l’école de Pythagore.

Leur vision était celle d’un enseignant détenteur du savoir et des connaissances, du maitre et du disciple. Ce modèle perdurera dans les écoles finalement assez longtemps, puisqu’on ne verra une évolution des schémas d’apprentissage qu’à partir de la moitié du XXIème siècle. Et ce, même si de nouvelles bases théoriques étaient jetées depuis déjà quelques dizaines d’années. On peut même dire que ce mode d’enseignement reste très répandu encore aujourd’hui.

Il est évident que la pratique pédagogique s’est enrichie et a fortement évolué et continuera à se nourrir d’innovations méthodologiques et technologiques. Cependant, les grecs étaient loin d’être archaïques dans leur façon d’aborder l’acte d’apprentissage. Ils avaient déjà conscience que certaines conditions rendaient favorable l’appropriation de la connaissance entre autre une alimentation équilibrée, un environnement oxygéné, le respect des rythmes corporels.

Les sciences de l’éducation en tant que telles, sont finalement très récentes. En effet, le premier ouvrage majeur sur le domaine est celui de Jean-Jacques Rousseau avec son « Emile ou de l’éducation ». La démocratisation de l’école grâce à Jules Ferry a alors permis la mise en œuvre de nombreux sujets de recherche.

Pédagogies béhavioristes

Ces modèles se basent essentiellement sur le principe que le cerveau, complexe ordonné de neurones, réagit comme une machine aux stimulis de la situation d’apprentissage. Ainsi, l’apprentissage résulte d’une modification comportementale en réaction à celui-ci, d’où son nom behaviorisme de l’anglais behavior, comportement en français. Les expériences fondatrices de ce courant sont celles bien connues de Pavlov dès 1962.

Celui-ci a remarqué qu’un chien pouvait être conditionné par un stimulus particulier ce qui démontrait donc un acte d’apprentissage. L’apport de nourriture était associé à une clochette. Après un certain nombre de répétitions qui constituaient le conditionnement lui-même, le chien était capable d’anticiper et de saliver dès le tintement de la clochette.

On peut considérer que ces expériences ont été le point de départ de recherches en sciences de l’éducation.
L’avancée suivante a été réalisée par un certain Skinner en proposant la notion de renforcement. Son expérience est la suivante : des rats dans une boite ont le choix d’appuyer sur deux pédales parfaitement identiques. L’une d’elle lui donnera de la nourriture l’autre pas. On constate alors que les rats vont plus souvent actionner la première pédale : ainsi leur comportement est modifié par l’environnement.

On peut noter qu’il existe des renforcements positifs qui vont faciliter l’apprentissage et des renforcements négatifs qui vont eux plutôt l’inhiber, en tout cas le rendre plus difficile. C’est pour cette raison qu’il est important d’encourager et de féliciter (renforçateurs positifs) que de punir et vexer (renforçateurs négatifs).

Dans cette optique, l’individu apprend grâce à un enchaînement de stimulus-réponse, chaque phase d’apprentissage s’enchaînant de manière linéaire.

Cela a eu des conséquences immédiates en pédagogie :

  • On a constitué les programmes selon une progression linéaire où un item ne peut être abordé que si le précédent a été parfaitement acquis. Dans cette perspective il est facile d’enchaîner un apprenant sur une spirale l’entraînant progressivement vers l’échec. C’est d’ailleurs ce qui se produit pour des élèves que l’institution déclare moyens ou faibles : comment s’en sortir si on a raté le coche ou qu’on ne progresse pas au même rythme que son voisin.
  • Le schéma éducatif se centre exclusivement sur l’objet à apprendre. Cela a amené notamment la pédagogie par objectifs. Les travaux de Bloom sont à ce propos particulièrement précis et complet. Il a établi une taxonomie devenue célèbre et bien entendue toujours utilisée aujourd’hui.
  • Les travaux de Skinner sous entendent que le processus d’apprentissage peut être automatisé par des machines à apprendre : les ordinateurs. Le premier âge de l’e-learning est directement issu de cette théorie, Skinner lui-même ayant travaillé sur l’enseignement assisté par ordinateur par l’inclusion de renforçateurs positifs.

Le problème majeur de ce modèle est qu’il exclue le sujet dans l’acte. En particulier, il ne prend aucunement en compte la motivation du sujet ni même la notion de plaisir (même si elle peut en partie être considérée comme renforçateur positif).

Un autre problème est lié au fait que l’approche béhavioriste est finalement déterministe. Ainsi, que ce passe t’il lorsqu’un apprenant n’a pas de stimuli positif, c’est-à-dire de conditions favorables ? Serait-il condamné à échouer ?

Socialement parlant cela a conduit des auteurs, plutôt proches de la sociologie structuraliste, à admettre que la réussite scolaire des élèves était directement liée à l’environnement familial qui agirait directement comme renforçateur positif ou négatifs, selon les cas. L’ouvrage clé de cette approche, « les héritiers » a été écrit par deux sociologues français, Bourdieu et Passeron.

Il s’agit bien sûr du livre « les héritiers » qui avançait donc l’idée, je schématise ici, qu’on a tendance à reproduire notre environnement social et familial et à adopter non seulement le métier mais aussi le statut de ses parents.

Pédagogies innéistes

Cette approche comme son nom l’indique stipule que le processus d’apprentissage d’un individu est issu de sa programmation interne c’est-à-dire de son patrimoine génétique. Les facteurs de réussite ou d’échec d’un apprentissage ne seraient alors liés qu’à des facteurs internes. Bien sûr cela a l’avantage de recentrer le processus sur l’apprenant et non plus comme précédemment sur la connaissance et le contexte.

Cependant, la première conséquence est d’établir une échelle d’aptitude. C’est ce qui a été fait par Binet au travers de son fameux Quotient Intellectuel. Très enfermant ce concept déterministe offre bien peu d’espoir aux élèves qui n’ont pas la chance d’être classés « bon élèves » par le système. Aujourd’hui ce modèle et notamment le QI est largement dépassé. On parle désormais d’intelligences multiples et de quotient émotionnel.

Il est évident que ce modèle est dangereux sur le plan éthique et moral. Il suggère directement qu’un individu, s’il n’a pas les bonnes dispositions à la naissance, ne pourra jamais être en mesure de réussir. Il serait donc en quelques sortes limité par ses capacités héritées et établies dès la naissance.

Bien pire encore, certains auteurs n’hésitent pas à hiérarchiser les êtres humains selon leur origine ethnique ou encore selon qu’ils soient homme ou femme. C’est alors la porte ouverte à toute justification bien peu scientifique du racisme ou du féminisme.

Cela ne veut pas dire qu’il faille exclure le sujet du processus d’apprentissage. En effet, comme il l’a été souligné précédemment, la motivation de l’individu c’est-à-dire sa mise en projet, ses stratégies d’apprentissage mais aussi ses représentations sont partie prenante dans l’acte d’apprendre.

Pédagogies constructivistes

L’auteur clé de cette théorie qui signifie que le savoir est construit par l’apprenant est bien sûr le psychologue suisse Jean Piaget dont les travaux sont particulièrement fondateurs. Il s’est notamment penché sur les mécanismes de développement et de fonctionnement cognitif du cerveau. Ainsi, ses recherches intéressent autant le pédagogue que le psychologue ou le pédiatre et ont certainement contribué à l’essor des neurosciences.

Nous évoquerons ici très succinctement deux des éléments développés par Jean Piaget : la notion d’accommodation/assimilation et la notion de stadologie dans le développement cognitif de l’individu.

Accommodation/assimilation. Piaget parle ici du processus récursif selon lequel un individu va intégrer un nouveau savoir. Chaque connaissance acquise est une construction complexe de représentations que l’apprenant lui-même élabore : il est bien l’architecte de l’assimilation de ce savoir.

Pour acquérir une nouvelle connaissance, l’individu devra modifier ce système, la structure préalablement établie. C’est en ce sens qu’il y a accommodation. Ainsi, le savoir chez l’apprenant se construit, se structure et s’organise.

Il y a alors deux implications :

  • l’acte d’apprentissage est un processus actif : il nécessite l’action de l’individu (en gros on ne peut pas apprendre à la place de quelqu’un),
  • acquérir de nouveaux savoir signifie établir des points de rééquilibrage dans le processus d’assimilation/accommodation.

Pédagogiquement, le constructivisme a permis de valoriser l’intérêt des méthodes inductives et à montrer le peu d’intérêt des cours magistraux tout particulièrement en collège ou lycées. En d’autre terme, c’est en faisant qu’on apprend. Ainsi, toute méthode favorisant l’activité cognitive de l’apprenant est à privilégier. Bien sûr, cela est plus compliqué à mettre en œuvre dans le cadre scolaire, et c’est justement sur cet aspect que les nouvelles technologies du Web 2.0 vont nous aider.

A ce propos, il est étonnant de constater que ces méthodes dites pratiques, de mise en situation réelle, sont bien plus développées en enseignement professionnel alors que ce dernier est particulièrement dévalorisé en France.

Stadologie du développement cognitif. Cet aspect est d’ordre biologique. Ici Piaget avance la proposition selon laquelle toute structure opératoire nouvelle se développe grâce à la précédente. En d’autres termes, nous passons successivement par différents stades cognitifs ou nous intégrons de nouveaux processus opératoire d’apprentissage.

Par exemple, les capacités d’abstraction n’interviennent qu’à l’âge d’environ 11-12 ans. On sait aujourd’hui, grâce aux progrès de la neurologie, que ceci est dû à la myélinisation des cellules du lobe frontal du cerveau. Ainsi, le développement cognitif de l’enfant repose sur des bases biologiques selon un schéma plus ou moins commun à tous.

Ainsi, l’enfant qui est aussi élève deviendrait capable d’intégrer de nouvelles connaissances ou savoir-faire dès lors qu’il a atteint le stade de développement cognitif adéquat. Nous serions donc contraints d’attendre une certaine maturation nerveuse pour notre développement. Cela signifie qu’il serait par exemple inutile d’aborder certains exercices de mathématiques tels que l’algèbre chez un enfant n’ayant pas atteint le stade d’abstraction.

Bien que les théories de Piaget constituent une avancée majeure dans les sciences de l’éducation, elles ont été largement améliorées depuis et le seront encore davantage dans les années à venir grâce aux progrès considérables des neurosciences.

Il est à noter que c’est surtout la notion de stadologie qui est contestée. En effet, la conception de construction du savoir est tout à fait admise aujourd’hui. Cependant, les théories de Piaget excluent fortement le rôle de l’environnement et notamment les aspects affectifs et sociaux dans le processus d’apprentissage. Or ils influent directement sur le développement cognitif de l’individu.

Lev Vigotsky et le socio-constructivisme

Bien sûr, les travaux de Piaget ont été largement poursuivis, et il a été démontré que le processus d’assimilation/accommodation est en réalité assuré par une médiation sociale dans laquelle l’apprenant est co-auteur dans l’acquisition de la connaissance.

Ainsi, l’environnement social, affectif, émotionnel joue un rôle primordial dans le développement cognitif de l’enfant et de l’adulte. Dans cette perspective, il est important de mettre en avant le fait que les acteurs de la construction et du développement intellectuel de l’individu sont bien évidemment les parents et les professeurs mais également les autres élèves de la classe.

Ainsi le processus d’apprentissage comporte plusieurs dimensions : la capacité cognitive de l’individu en termes de développement neuronal par exemple mais aussi la richesse des interactions sociales dont il pourra bénéficier. Evidemment, et nous n’éludons pas la difficulté ici, il n’est pas simple pour l’enseignant d’organiser au sein de sa classe des situations pédagogiques qui favoriseront ces interactions.

Lev Vigotsky (1896 – 1934) est un psychologue russe connu en occident depuis les années soixante pour ces travaux sur les apprentissages des groupes d’individus.

En effet, ce théoricien a émis l’idée que le développement intellectuel et cognitif de l’enfant est dû aux interactions avec le groupe social auquel il appartient. Notamment les outils utilisés par ce groupe pour communiquer et interagir vont permettre le développement de l’intelligence de l’enfant. Vigotsky avance même l’idée que le langage en est la clé, l’outil fondamental. Ainsi, il assure un rôle de médiation dans l’intériorisation et l’extériorisation des concepts. Le processus d’apprentissage ne pouvant avoir lieu que dans le cadre d’une collaboration cognitive et sociale avec autrui.

Ainsi, ces travaux prolongent les travaux de Piaget, plus individualistes, en intégrant les influences sociales. En fait, Vigotsky suggère que le processus, l’acte d’apprendre est un moteur du développement cérébral. En particulier, les capacités d’abstraction de l’enfant vont se développer parce qu’il est confronté à des situations problèmes y faisant appel.

Ainsi, cette abstraction se développe chez l’enfant parce qu’il a été confronté à des situations problèmes adéquates et qu’il a été accompagné par l’adulte qui lui a permis d’accomplir la tâche. C’est en ce sens qu’il est nécessaire de proposer à l’élève des objets d’apprentissage permettant cette émulation. Cependant, il reste indispensable que celui-ci reste accessible à l’enfant. C’est ce que Vigotsky a appelé la Zone Proximale de Développement.

La ZPD est tout simplement définie comme étant l’espace conceptuel existant entre ce que l’individu maîtrise seul en toute autonomie, et ce qu’il ne peut pas faire même avec l’aide d’un tiers. Il s’agit donc de tout ce que peut réaliser ou comprendre une personne avec l’aide de quelqu’un.

Ceci a plusieurs conséquences quant à la posture de l’enseignant et de la manière d’organiser la séance de cours. En particulier, cela suggère que l’enseignant accompagne bien la construction du savoir chez l’élève en assurant la médiation. Il doit également assurer une autre médiation entre les apprenants cette fois, en proposant des situations pédagogiques où le travail collaboratif est privilégié.

Par ailleurs, il est indispensable que le propos de l’enseignement reste dans la zone proximale de développement des apprenants. D’où l’usage des évaluations formatives, qui permettent à l’enseignant de situer son propos pédagogique par rapport à la capacité de ses élèves à assimiler de nouveaux concepts.

Justement, Vigotsky rejoint Piaget et le processus d’assimilation/accommodation. Il évoque de son côté que l’apprentissage est un processus de rééquilibrage permanent. Cela implique notamment de réaliser que l’appropriation de nouveaux schémas cognitifs passe par une certaine mise en danger dans la médiation pédagogique. Là encore, il est donc préférable de situer l’apprenant dans l’échange avec ses pairs où chacun aura l’occasion de d’expliciter leurs propres démarches intellectuelles et aux autres d’ajuster leurs conceptions et de construire de nouvelles connaissances.

Dans cette optique on comprend bien que la posture de l’enseignant reste celle du médiateur entre l’élève et le savoir, mais aussi entre les apprenants eux-mêmes. Il devra donc mettre en œuvre les situations d’apprentissages propices aux échanges entre les individus. Cela suppose d’accepter l’erreur dans le processus d’acquisition des connaissances tout en contrôlant les activités des élèves. Il n’a donc plus une position de transmetteur unique du savoir, mais il organise, coordonne, régule, canalise les propositions et la parole des individus.
Bien entendu, il est indispensable de valoriser les acquis et de favoriser une très bonne communication à la fois comportementale et intellectuelle. Notons également que ceci nécessite que les consignes soient clairement établies et partagées par tous.

Encore une fois, nous avons bien conscience qu’il n’est pas toujours simple d’organiser ce travail collaboratif dans une salle de cours, même si les concepts du socioconstructivisme sont tout à fait partagés.
C’est en cela, que les technologies du Web 2.0 seront d’un grand secours pour l’enseignant car elles vont lui permettre d’avoir un support technique, matériel pour ce travail de groupe où les échanges vont être facilités, dans et au dehors de la salle de cours. De même, il aura davantage de facilité à évaluer la contribution et les avancées de chacun.

Enfin, il n’est pas négligeable de souligner que grâce à la médiation écrite inhérente aux technologies Web 2.0, la construction cognitive des concepts y trouve un terrain favorable. Nous reviendrons sur ce point dans le chapitre consacré aux modalités pratiques de mise en œuvre dans le cadre scolaire ou universitaire.

Afin de compléter ce propos très bref sur le socio-constructivisme de Vigotsky on pourra s’intéresser aux travaux de Jérôme Bruner, psychologue américain qui a compléter et approfondit ces concepts ainsi qu’à ceux de Bandura.